Le commandant Ducuing

Ferdinand Gabriel Ducuing - 1885 –1940 



Au service de la marine marchande

Fils d’un petit cousin de Ferdinand Foch, Ferdinand Gabriel Ducuing naît le 22 décembre 1885 à Paris.
En 1904, se destinant à la marine marchande, il embarque comme pilotin sur le trois-mâts “Cérès”. 
Appelé pour effectuer son service militaire en 1907, il sert comme matelot à bord des cuirasses “Brennus” et “Bouvet”.
De retour au commerce en 1908, il est breveté lieutenant au long cours, puis capitaine au long cours en 1911.



Au service de la patrie : la Première Guerre Mondiale

Lorsque la Première Guerre Mondiale éclate en 1914, Ferdinand Gabriel Ducuing a 29 ans. Il est alors second capitaine sur un paquebot.
Il décide de quitter la marine marchande pour s’engager dans les chasseurs à pied afin de participer à la défense du territoire national.
Breveté pilote en 1915, il s’engage très vite dans l’aviation naissante et fera toute la guerre dans l’Aviation Maritime !
Affecté à l’aviation maritime de Dunkerque puis de Venise (Italie), il se fait tout de suite remarquer par ses brillantes qualités d’entraîneur d’hommes. Après avoir effectué de nombreuses missions de reconnaissance et de bombardement, il est blessé en combat, cité à l’ordre des armées navales françaises et italiennes et fait chevalier de la couronne d’Italie. 
Promu enseigne de vaisseau de 1ère classe de réserve en juillet 1916, il est désigné pour suivre une formation de pilote de chasse à Pau, où, malheureusement, un accident le rend inapte au pilotage. Fait chevalier de la Légion d’honneur en janvier 1917 (il a 32 ans), il est affecté de nouveau à Dunkerque comme officier en second du centre d’aviation maritime. Mais, trouvant ce poste insuffisamment « combattant », il se fait affecter en qualité d’observateur sur ballons et prend, le 1er octobre, le commandement du centre du Havre où il reste jusqu’en juillet 1918. Promu lieutenant de vaisseau de réserve, il est alors détaché, en raison de sa formation de capitaine au long cours, comme officier de liaison auprès du sous-secrétaire d’État à la marine marchande jusqu’à sa démobilisation en avril 1919.
Après la guerre, il devient armateur tout en restant officier de réserve.



Fondateur et premier président de l’ACORAM

En 1925, il décide de fonder l’association centrale des officiers de réserve de l’Armée de Mer, l’ACORAM, dont il est élu Président.
Il est également à l’origine de la FAMMAC (Fédération d'Associations de Marins et de Marins Anciens Combattants) et l’ACOMAR (Assocaition Centrale des Officiers Mariniers de Réserve) ainsi que des premiers centres d’instruction de réserves.


1939 – 1940 : héros de la Seconde Guerre Mondiale

En septembre 1939, le commandant Ducuing prend le commandement de la batterie de D.C.A. de la Croix Faron à Toulon. En janvier 1940, il est nommé au commandement du poste de défense du Cap Gris-Nez qui vient d’être établi pour contrôler le passage du Pas de Calais. Il a sous ses ordres trois officiers et une centaine d’hommes, ayant pour tout armement individuel, vingt fusils et six revolvers. Le 22 mai, face à l’offensive allemande qui se précise, il organise avec les faibles moyens dont il dispose, un poste de résistance avancé dont il prend personnellement le commandement. Le 24, alors qu’ils sont pratiquement encerclés, le commandant Ducuing et ses hommes détruisent entièrement une colonne allemande composée d’un peloton de side-cars, d’un char léger et de deux automitrailleuses. Dans la soirée, il refuse la reddition que lui proposent les Allemands. Dans la nuit du 24 au 25, il organise l’évacuation par mer d’un groupe de marins rescapés du naufrage de leur bâtiment. Le 25 mai 1940 à 09h00, les blindés ennemis ne sont plus qu’à 200 mètres du poste du cap Gris-Nez. N’ayant plus de munitions, le commandant Ducuing fait détruire les canons et les mitrailleuses et donne l’ordre à ses hommes de se replier. Resté seul, il se dirige vers le mât de pavillon afin d’hisser les couleurs. C’est à cet instant précis qu’il est atteint par une rafale d’arme automatique. C’est fini ! le capitaine de corvette Ducuing, ce grand rassembleur d’hommes, est mort, seul, glorieusement face à l’ennemi. Pour lui rendre hommage, la Marine faisant exception à la règle interdisant toute promotion à titre posthume, le nomme capitaine de frégate à compter du 24 mai 1940. Par ailleurs, son héroïsme est consacré par une brillante citation à l’ordre de l’armée. En mai 1952, le secrétaire d’État à la Marine inaugure la stèle érigée au cap Gris-Nez à la mémoire du Commandant Ducuing et des marins tombés avec lui. 

Actuellement, un aviso de la Marine nationale porte son nom.