Conférence sur le roulier Tricolor, par Eric Lestringuez

« Retour

Jeudi 20 Avril 2017 à à préciser

Naufrage Le « Tricolor » a coulé, entraînant 2.862 voitures neuves dans sa perte Collision en mer du Nord Un cargo a percuté l'épave

SURMONT,EDDY; ASSOCIATED PRESS; AFP


Lundi 16 décembre 2002

Le porte-conteneurs « Kariba » a heurté le « Tricolor », samedi. Le brouillard réduisait la visibilité. Il faudra plusieurs mois pour renflouer le navire.

Naufrage

Le « Tricolor » a coulé, entraînant 2.862 voitures neuves dans sa perte

Collision en mer du Nord

EDDY SURMONT

Parti de Zeebrugge vendredi, avec 2.862 voitures neuves de marques Volvo, BMW et Saab, et 77 conteneurs, pour Southampton (Grande-Bretagne), le roulier norvégien « Tricolor », de Wilhemsen Lines, mastodonte construit en 1987, 198 mètres sur 32, a été éperonné samedi à 1 h 30 par le porte-conteneurs « Kariba », 175 mètres, battant pavillon des Bahamas et en route d'Anvers vers Le Havre. L'accident s'est produit à quelque 40 kilomètres entre La Panne et Dunkerque.

Au moment de l'impact, la mer était belle, mais la visibilité réduite à moins de cent mètres par un épais brouillard.

Une brèche de plusieurs dizaines de mètres sous la ligne de flottaison dans son flanc bâbord (gauche) a fait sombré le « Tricolor » en moins d'une demi-heure. A cet endroit, à marée basse, la mer du Nord atteint à peine 27 mètres de profondeur. L'épave n'est jamais recouverte.

Aucun des 24 marins du « Tricolor » n'a été blessé. Son capitaine norvégien, le premier officier suédois et les 22 autres membres d'équipage philippins ont été sauvés par le remorqueur belge « Boxer ». Nous avons recueilli 21 naufragés qui avaient sauté dans un radeau de sauvetage. Les deux officiers scandinaves et un marin philippin, qui avaient quitté le roulier au tout dernier moment avant qu'il ne coule, avaient déjà été sauvés par le « Kariba », a déclaré le capitaine Maes, du remorqueur « Boxer », en débarquant les naufragés à Dunkerque, où tous furent conduits vers la clinique pour un examen médical de routine.

Si les gardes-côtes français du Cross Griz-Nez coordonnaient la vaste opération de sauvetage, la coordination en mer fut prise en charge par la frégate belge « Wandelaar », en manoeuvre dans la Manche au moment du naufrage. Un hélicoptère Seaking de la base de Coxyde, muni d'une caméra à infrarouge permettant les recherches malgré l'épais brouillard, a également participé à l'opération,

Malgré une énorme brèche de 10 mètres dans sa proue, heureusement au-dessus de la ligne de flottaison, le cargo « Kariba » ne risquait pas de couler à son tour. Il a d'ailleurs rejoint le port d'Anvers, dimanche vers 8 heures.

Samedi après-midi, un dispositif de sécurité a immédiatement été déployé autour du « Tricolor » pour éviter toute nouvelle collision avec un autre bateau, le roulier émergeant de l'eau.

En outre un barrage flottant antipollution a été déployé autour de l'épave par les autorités françaises qui craignaient que les 2.000 tonnes de fuel contenues dans les citernes du « Tricolor » ainsi que les quelque 15.000 litres d'essence et autant de litres d'huile dans les 2.862 voitures neuves ne s'échappent de l'épave, Dimanche, aucune pollution notable n'avait été signalée aux abords du « Tricolor ».

Quant aux causes de l'accident, une enquête officielle est en cours. Il y a eu manifestement un défaut de veille radar sur au moins un bateau, a toutefois déclaré, le capitaine de corvette Antoine Goulley, porte-parole de la préfecture maritime de la mer du Nord à Calais (France).

Le capitaine Van Poucke, directeur des services de sauvetage des gardes-côte à Ostende, compare, lui, l'incident avec une fausse manoeuvre lors d'un dépassement sur la route.·

Un cargo a percuté l'épave

L'épave du navire norvégien Tricolor a été percutée la nuit dernière, vers 1h40, par le Nicola : un porte-conteneurs armé par une compagnie allemande mais battant pavillon des Antilles néerlandaises. Le Nicola est toutefois parvenu à se tirer de ce mauvais pas peu après 9h, avant même la pleine marée haute. Il a été tracté par deux remorqueurs et a mouillé à proximité de l'épave, pour une première inspection. L'accident est survenu alors que l'épave était signalée par une balise de sécurité. Cette collision prouve en tout cas qu'il y a urgence à renflouer l'épave qui encombre l'un des couloirs maritimes les plus fréquentés du monde.

On a appris par ailleurs que les opérations de pompage du carburant contenu dans les réservoirs du Tricolor ont été retardées en raison du mauvais temps .

Nous sommes tributaires de la météo. Nous ne pouvons envoyer de plongeurs inspecter l'épave dans les conditions actuelles, a déclaré Per Roennevig, porte-parole de la compagnie norvégienne Wilh. Wilhelmsen. Nous n'avons détecté aucune fuite de pétrole sur place, a-t-il ajouté.

Deux bâtiments se trouvent à proximité de l'épave, prêts à pomper le carburant dès que les conditions météorologiques le permettront et que les opérations de reconnaissance auront été effectuées. (D'après AP et AFP)·

 

Plan d'accès